La truffe à Sarrazac

La commune de Sarrazac est située au nord du département du Lot. Aujourd’hui elle s’étale sur un territoire de 1800 hectares.

Deux particularités :

  • Notre commune compte trois hameaux principaux. D’où nos trois églises et nos trois cimetières, à Sarrazac, à l’Hôpital Saint Jean et à Valeyrac.

  • La majorité du territoire communal était organisé en ferme métayères

    • Le château de Crozes (avec l’exploitation de 5 fermes)
    • Le château de Muzac (avec l’exploitation de 5 fermes)
    • Le château des Chabannes
    • Le château de Couzenac
    • Le château du Grangier

Ce patrimoine architectural riche s’explique par notre appartenance à la vicomté de Turenne.

Aujourd’hui nous avons 600 habitants. En 1886, on comptait 287 maisons pour 1142 habitants. La présence de ces châteaux permettait aux femmes de travailler à l’extérieur de la maison en tant que cuisinières, couturières ou nourrices.

La traction animale était faite avec des bovins principalement, les chevaux ne servaient qu’aux maisons bourgeoises pour la traction des calèches.

Selon les registres du « Ministère de l’agriculture et du ravitaillement enquête agricole », « Registre de culture-cheptel », La traction animale en quelques chiffres, en Octobre 1944, pour 101 déclarants, sur la commune de Sarrazac :

21 chevaux

110 bœufs de travail et 114 vaches de travail

La commune de Sarrazac a un territoire de causse où l’on trouvait des plantations de vignes, de lavandes, de chanvres (recherché pour les cordages de bateau) et de truffières. En 1889, on compte 300 hectares de truffières pour 200 propriétaires.

Le reste du territoire se situe dans les vallées des ruisseaux du Rionet et de la Merlette. En 1886, selon le cadastre Napoléon, on dénombrait 9 moulins à eau, une vie culturale complémentaire à celle des cultures du causse.

Sur le Nord du département du Lot, quatre marchés principaux en 1904 : Martel, l’Hôpital Saint Jean, Concats et Limogne, avec une récolte de 717 800 kilos, aujourd’hui moins de 10 tonnes.

Le marché aux truffes de l’Hôpital Saint Jean (commune de Sarrazac) avait lieu tous les lundis de Novembre à Décembre.

Nos anciens, aujourd’hui âgé de plus de 80 ans, ont des souvenirs d’enfances de cavages à la brouettes et de tables couvertes de monticules de truffes.

L’histoire du déclin est la même partout : les guerres, le phylloxéra, la déprise agricole qui entraîne le ferment du milieu, et la révolution agricole avant ses gros tracteurs et les élevages intensifs.

La truffe aime l’homme et l’homme lui a tourné le dos.

Nous avions déjà sur notre commune un producteur de chênes truffiers. Mr Fournet installé dans le bourg de Sarrazac, il insiste dans ses publications sur l’intérêt de cultiver des plants de chênes truffiers plutôt que de lancer des glands à la volée dans les truffières.

Pour ceux qui voudraient aller plus loin, Mme Guely a beaucoup écrit sur l’histoire du canton de Martel, les archives départementale du Lot sont aussi une source de documentations.

Ma famille est originaire de ce petit territoire depuis bien des générations. J’ai grandi dans une famille participant à la vie de la commune. Mon grand père était le facteur pendant les deux guerres et ma grand mère tenait le bistrot du village (beaucoup de nos anciens sont venus y courtiser mes tantes).

Grâce à eux j’ai pu rencontrer beaucoup d’habitants de la commune, et je connais bien ce territoire ayant passé mon enfance à cheval sur ses chemins communaux.

Aujourd’hui âgée de 39 ans avec un deuxième mandat de conseillère municipale je participe moi aussi, à ma façon, à la vie de mon village.

Aurore